samedi 8 octobre 2011

La mise en voix : un moment crucial


- Alors César, que penses-tu de ce match à Auckland ? Incroyable ce XV de France face à l’Angleterre !
- Sûr qu’après la débâcle face aux Tonga on ne s’attendait pas à cela ; comme quoi ce sont ceux qui ont cru dans l’équipe des Bleus qui ont eu raison ! Me permets-tu d’en profiter pour revenir sur un sujet qui me tient à cœur : la mise en voix du chœur ? Si, si, tu vas voir, çà n’est pas sans rapport !

Tu as déjà lu dans ce blog : Pour que ce corps (de la chorale) agisse et réagisse comme un corps, il lui faut donc d’abord trouver son unité, il faut que l’ensemble de ses membres retrouve, au début de chaque répétition, le chemin d’une action orientée vers un but commun ; la chorale ne gagne donc que si elle est soudée, comme ne gagnent que les équipes sportives qui le sont.

Or c’est en ce sens que le chef de chœur doit penser sa mise en voix : le moment de la mise en place d’une solidarité, d’un collectif et, pour nous choristes, d’une écoute mutuelle. Dans un chœur, on doit s’échanger les voix avec autant d’attention que les rugbymen se passent les ballons : on voit cela très bien dans cet exercice proposé à ses jeunes chanteurs par Claire Marchand (l’exercice vaut aussi pour des moins jeunes !) : on se passe la note comme on se passe le ballon : dans un mouvement coulé, chacun dans une attention à l’autre qu’exprime bien sa posture : « ôôô…gardez-le loin…bien droit le dos…un vrai ô…le lâche pas trop tôt…ne regarde pas par terre…pas trop vite…pas par terre…» (video : Les métamorphoses du chœur).

D’une façon générale comment comprendre la mise en voix ?

Michel Lemeu (Pleumeur-Bodou) dit :

Il n’y a pas de " programme " polyvalent de mise en voix, applicable point par point, selon un ordre séquentiel pré-défini. Chaque répétition apporte par ses spécificités liées au jour, au vécu des choristes, à l’humeur du chef, au programme de travail envisagé, aux projets de difficultés à résoudre ou de compétences à acquérir, etc., des besoins à chaque fois différents.

Les chefs de chœurs liront avec intérêt tout l’article :

Au chef d’orienter la mise en voix du jour par rapport à des objectifs qu’il a clairement en tête ; par exemple pour préparer à résoudre une difficulté perçue à la répétition précédente ; ou bien pour anticiper sur une difficulté à laquelle il s’attend dans l’apprentissage d’un prochain chant.
Mais toujours, au-delà de tel ou tel point à régler, il doit profiter de ce temps relativement court pour faire d’un ensemble d’individualités un véritable chœur ; le stade de la répétition individuelle est dépassé, on entre dans le temps de la répétition du chœur.

On ne chante plus « chacun tout seul » mais avec et pour les autres. Chaque chanteur est à la fois celui qui accompagne et celui qui est accompagné par le chant de tous. Un pas décisif est alors réalisé vers l’harmonisation des éléments disparates de cette polyphonie humaine qui s’assemble pêle-mêle devant le chef de chœur au début de chaque répétition. L’harmonisation des différents tempéraments et des individualités vocales est souvent d’autant plus belle et saisissante qu’elle est fragile et éphémère. Elle est d’une nécessité absolue pour que l’instrument choral livre toute l’étendue de ses potentialités, pour que le travail choral soit réellement profitable.
Etienne Lestrigant ; La voix chorale, p. 153.

Alors profitez bien de vos mises en voix ; et faites – tous ensemble – de ce moment crucial un moment magique !


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Roland Lemêtre a rédigé un aide-mémoire pour la mise en voix intitulé : Prise de conscience du geste vocal (lire). Plan :
I.                    Le corps : l’instrument vocal
II.                 L’énergie : le souffle voix
III.               La résonance : la préparation du timbre
IV.              L’émission : le chant des voyelles et l’articulation
V.                 L’expression : les intentions musicales

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