samedi 12 janvier 2013

La Traviata au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles




Giuseppe Verdi est né il y a bientôt 200 ans : le 10 octobre 1813, la même année que Richard Wagner. Verdi traverse tout le 19ème siècle romantique italien en y portant à son apogée le mélodrame italien dans la lignée de Rossini, Donizetti et Puccini. En un siècle Verdi fait évoluer et rénove l’art lyrique italien né trois siècles auparavant.
Coup d’envoi de l’année Verdi sur ARTE Live Web samedi 15 décembre avec l’un des opéras les plus populaires du répertoire lyrique mondial : la Traviata, dans une nouvelle production en direct du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. A voir le 15 décembre à 20h et à revoir à partir du 20 décembre pendant 3 mois.

             video : La Traviata
        
La Traviata, ça n’est pas seulement le plus grand rôle de soprano de tout le répertoire, c’est aussi l’histoire romantique universelle, la promenade avec l’amour et la mort telle qu’on l’a lue mille fois depuis. La dame aux camélias d’Alexandre Dumas devient femme perdue chez Giuseppe Verdi : la « Traviata », c’est l’« égarée ».
Alfredo, un bourgeois, tombe amoureux de la courtisane Violetta lors d’une soirée de bal. Après qu’elle a chanté l’éloge de sa liberté, on les retrouve quelques temps plus tard vivant un amour parfait à la campagne. Alors qu’Alfredo se rend à Paris, elle reçoit la visite du père du jeune homme, Giorgio, qui lui demande de laisser tomber cet amour impossible. C’est la réputation de la famille qui est en jeu, et le mariage de la sœur de son amant est compromis par leur liaison. La jeune femme rédige sa lettre de rupture et rentre à Paris. Lors d’une réception donnée par une amie commune, une rude confrontation a lieu entre Violetta, le baron Douphol qui l’accompagne, et Alfredo, rongé par la jalousie. Six mois plus tard, alors que la courtisane meurt de la phtisie, Giorgio est pris de remords et avoue à son fils que c’est à sa demande que Violetta l’a quitté. Il se rend chez son aimée, mais ils n’auront que le temps de chanter leur rêve de quitter Paris ensemble : Violetta meurt rapidement dans ses bras.
Violetta c’est, d’abord, une femme condamnée : par sa condition sociale autant que physique. La courtisane, qui découvre la joie d’être « aimée tout en aimant » avec Alfredo doit sacrifier son amour au nom de celui qui rapporte plus, celui de sa belle-sœur. Et son abnégation rend la dévoyée plus morale que le monde bourgeois auquel elle a pu aspirer un bref instant. Mais elle est vouée au drame, et le prélude lui-même, tristement pathétique, fait office de présage. Verdi se place résolument du côté de la jeune femme, et la rend héroïque. Il vit lui-même à l’époque un amour avec une femme qu’il ne peut épouser pour des raisons sociales. « Qui a le droit de nous jeter l’anathème ? » dira-t-il à propos de sa liaison dans une lettre à son mécène.
Au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, c’est la soprano slovaque Simona Saturova qui s’emparera pour la première fois du difficile rôle de Violetta. Habituée des amours contrariées avec Lucia Di Lamermoor à son répertoire ou la Juliette de Romeo, elle est ici dirigée par le chef hongrois Adam Fischer que la Monnaie retrouve après lui avoir confié la direction de la Rusalka de Dvorak.


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