lundi 6 janvier 2014

Comment apprendre ses chants ? (4 : Répéter pour comprendre)


Vous avez certainement remarqué que dans votre fichier de travail pour Gaude Mater Polonia, j’ai répété 2 fois les 2 dernières mesures (17 et 18) ; non parce que la partition le demande, mais pour que cela facilite votre apprentissage. En effet une alternance de majeur à mineur, puis de mineur à majeur, rend ce passage un peu délicat : nous devons donc chercher un moyen de nous en assurer une bonne perception dès le départ.
On dira : chanter ce passage 2 fois d’affilée plutôt qu’une seule, ça ne change pas grand-chose ; cela n’est pas si sûr ! Pourquoi ?
Ce passage proposant une transition mineur-majeur, en le répétant nous créons une nouvelle pièce qui propose alors 3 transitions : mineur-majeur, majeur-mineur, mineur-majeur*. N’est-ce pas curieux !? Nous croyons ne faire que répéter 2 fois la même chose, or cela conduit à une seconde pièce non seulement 2 fois plus longue que la première, mais surtout beaucoup plus riche ! Du coup ce simple geste pourra permettre de surmonter une difficulté au préalable bien identifiée. D’une chose que l’on comprenait mal (musicalement) et une simple reprise immédiate peut faire passer à une compréhension aisée.
Nous voyons par là que répéter (2 fois d’affilé) ce n’est pas seulement répéter…mécaniquement ! C’est entrer dans une compréhension bien plus profonde du passage étudié. L’art du chef de chœur consiste à savoir proposer des passages à répéter, car par la simple vertu des enchaînements ainsi créés, il fera apparaître aux choristes – et donc leur fera entendre – des relations musicales jusqu’alors inaperçues.
Choristes, attention donc : la répétition, si l’on sait écouter, cela peut aller beaucoup plus loin qu’un simple écho…

N.B. Les plus observateurs auront aussi remarqué que ce sont ces 2 dernières mesures que j’ai utilisées pour réaliser l’intro au piano ; une autre façon de présenter ce passage, d’en montrer un de ses visages possibles…On comprend aussi ici que ces 2 mêmes mesures peuvent aussi bien introduire le chant que le conclure : une façon de montrer à quel point, malgré leur caractère apparemment un peu incongru, elles sont parfaitement cohérentes avec l’ensemble.

*En effet :
Les altérations – do- et fa- – signalent le mode mineur ; le do= signale le retour au mode majeur.  
La mesure 17 est en mineur ; la mesure 18 commence en mineur et se termine en majeur.
Les transitions sont donc : 17-18=min-maj, 18-17=maj-min, 17-18=min-maj.

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